Novembre que l'on crie, que l'on étouffe. Novembre a balayé nos élans de folie et ne laisse que mon corps en miettes, pour ne pas dire l'organe futile qui bat sous ma poitrine. L'automne avance, hiver à la dérive. Mots dans un monde en perdition, où la mode est à l'auto-satisfaction. De nos ébats, quelques griffures et des douleurs égarées, hagardes, comme un vendredi matin pluvieux sur lequel la ville crache à pleins poumons. On le piétine. Ah, la jeunesse. Comme elle est morbide et sans issue, et sans attache. Et sans amour. Mais que nos nuits sont belles. Que nos idées sont grandes et impétueuses. Notre destinée Ô combien pleines de vicissitudes. Dans un néant de débauche, expression et liberté se confondent et que fondent les corps dans une transe majestueuse. Sur une musique douce, détendre ses membres un à un, et lancer des regards loin vers l'horizon, ne distinguer que le brouillard, brouillon de nos vies illusoires. Des montagnes de souvenirs qui s'entassent comme du vide; les ébauches livides de nos peaux abîmées. Sous le soleil, la fuite. Une gare, un songe, un étalon, un taxi, nos souliers usés et les valises que l'on traîne sous nos yeux fatigués. Des questions dont les réponses ne cessent de s'échapper, de revenir pour fuir encore, d'apparaître d'abord claires et précises pour finalement n'être plus qu'un nuage sur nos pauvres vies sans histoire. Le Grand Sentiment, ennemi de l'homme, ennemi de la femme, également. Pour certains du passé, pour d'autres un but, pour d'autres encore une utopie. Et pour moi? Pour moi, une quête, une asphyxie quasi-permanente, un doute. Sur vos lèvres, j'ai découvert l'existence, dans vos bras, j'ai connu des nuits paisibles, et dans vos yeux...Ah, dans vos yeux, j'ai lu le mensonge, l'apathie, la satisfaction, mais rien de ce que je cherchais vraiment. Eussè-je recherché quelque chose. Et demain je m'envole vers des jours plus tranquilles, moins agîtés de mes démences, de mes envies de décadence. Je courais à ma perte.
"Il y a la vie telle qu'elle est et la vie telle qu'elle doit être. Malheureusement, nous devons la vivre telle qu'elle est."
Amen